Cormeray

Le territoire de Cormeray, carré assez régulier, forme un appendice au sud-ouest de Macey.

Cormeray était autrefois une paroisse, et avait son église et son manoir. Son église est une ecclesiola, flanquée d’antiques contreforts. Ils datent sans doute de l’époque romane. La seconde époque est le XVe siècle, que représente la grande fenêtre orientale. Le portail, cintre rustique, est du XVIe siècle.

Dans l’intérieur sont de vieilles statues. Ce qu’il y a de plus frappant, c’est un autel du siècle dernier, qui se distingue de ses analogues par son luxe d’ornementation : ce sont des colonnes torses autour desquelles s’enroulent et grimpent des pampres vigoureux chargés de grappes gonflées, des niches ornées de coquilles, des pots à feu, des volutes, des festons, enfin « toutes les fantaisies coquettes de l’architecture rocaille et chicorée » ou plutôt « cette lèpre d’oves, de volutes, d’entournements, de draperies, de guirlandes, de franges, de flammes, d’amours replets, de chérubins bouffis qui commence à dévorer la face de l’art dans l’oratoire de Marie de Médicis, et le fait expirer, deux siècles après, tourmenté et grimaçant, dans le boudoir de la Dubarry. ».

Cormeray était la plus petite paroisse du diocèse d’Avranches : elle comptait 12 feux ; le Grippon en avait 14. En 1648, cette église, qui avait pour patron le seigneur du lieu, rendait 300 liv. : elle était dédiée à Saint-Martin.

À peu de distance, dans un enclos muré qu’on appelait Liber, était un prêche, démoli en 1684 par un de La Champagne, lieutenant au bailliage, en vertu des ordres du Roi. Les matériaux furent adjugés aux frères de la Charité de Pontorson. Ce prêche était une ancienne maladrerie, mentionnée dans le Pouillé de 1648 : « La maladrerie de Cormeray, de fondation commune, qui a pour patron l’évêque, rend 35 liv. ».

Le nom primitif, celui qui est resté dans la prononciation locale, était Cromeray : c’est la forme qu’il a dans la charte de 917 : « Dimidium Cromerei ». Nous le trouvons ainsi dans sa latinisation générale, et en particulier dans un registre des Synodes : « S. M. de Cromereyo ». Cromer est sans doute le nom de celui qui posséda et dénomma cette localité dans la grande division du sol normand qui fit Rollon à ses fidèles : « Terram funiculo suis fidelibus divisit. ».

À Cormeray est né le Général Legendre. Soldat au régiment de Forez, prêtre, puis soldat, quand la Révolution éclata, il parvint au grade de Général de Brigade. Il ternit ses services par la part qu’il prit à la capitulation de Baylen. Il fut secrétaire de celui qui signa cette capitulation, du Général Dupont, quand la Restauration en eut fait un ministre de la guerre.

Sources : Avranchin monumental et historique, Volume 2 (par Édouard Le Héricher).